47 % : c’est la part des véhicules électriques dans le parc automobile norvégien, un pourcentage qui ne laisse pas place au hasard ni à l’improvisation. Derrière ce chiffre, un marché de l’occasion et de l’importation en pleine mutation, où la Norvège s’impose comme un acteur atypique… et terriblement attractif.
Pourquoi importer une voiture depuis la Norvège séduit de plus en plus d’automobilistes ?
Au nord de l’Europe, la Norvège s’est imposée comme laboratoire de la mobilité électrique. À Oslo, Bergen ou Trondheim, la voiture thermique fait de la résistance, mais cède chaque mois un peu plus de terrain à l’électrique. Près de 80 % des nouvelles immatriculations concernent des modèles 100 % électriques, un niveau inégalé sur le Vieux Continent. Résultat : les acheteurs avisés scrutent désormais le marché norvégien pour y dénicher des véhicules récents, suréquipés, souvent bardés d’innovations, en particulier dans la catégorie des électriques et hybrides. Les exemptions fiscales généreuses accordées sur place rendent ces voitures redoutablement compétitives une fois arrivées sur le marché de l’occasion. On y trouve à la fois des Tesla Model 3 à foison, mais aussi des Nissan Leaf, Audi e-tron et BMW i3, toutes proposées à des tarifs qui font pâlir bien des concessionnaires européens.
Autre point à ne pas négliger : la façon dont les Norvégiens bichonnent leurs voitures. Face à un climat qui ne pardonne rien, l’entretien est suivi de près. Les véhicules affichent la plupart du temps des kilométrages raisonnables et un historique transparent, accessible via des plateformes nationales très rigoureuses.
Parce qu’elle appartient à l’AELE et à l’EEE, la Norvège simplifie les démarches d’importation, notamment sur les véhicules électriques neufs, qui échappent à la TVA locale. L’offre y est abondante et tournée vers la fiabilité, ce qui explique l’engouement croissant pour l’importation de voitures norvégiennes, aussi bien chez les passionnés que chez les professionnels du secteur.
Quelles réglementations norvégiennes faut-il connaître avant d’acheter un véhicule ?
Avant de se lancer, il convient de balayer un point fondamental : la réglementation norvégienne en matière d’importation de véhicules. Membre de l’association européenne de libre-échange (AELE) et de l’espace économique européen (EEE), la Norvège ne fait pas partie de l’Union Européenne. Ce statut particulier impose quelques subtilités administratives.
Chaque véhicule à l’export s’accompagne d’un HS code, indispensable pour l’identification douanière. Avant tout achat, réclamez un certificat de conformité attestant que la voiture respecte les standards européens, tant sur le plan environnemental que pour la sécurité. Le pays applique des normes environnementales strictes. Il est donc crucial de vérifier que le véhicule dispose d’un contrôle technique en règle, conforme à la législation locale.
Pour sortir légalement le véhicule du territoire, la police norvégienne délivre des plaques d’immatriculation d’exportation. Leur durée de validité varie : mieux vaut la vérifier avant de prendre la route, sous peine d’être stoppé à la frontière.
Voici les éléments à anticiper pour une transaction sans accroc :
- La couronne norvégienne s’impose comme unique devise lors de l’achat.
- Les documents à rassembler : certificat d’immatriculation, historique détaillé du véhicule, carnet d’entretien à jour, contrôle technique valide.
Grâce à l’espace Schengen, la circulation s’en trouve simplifiée, mais chaque véhicule importé doit passer une inspection technique avant de rouler en France. Il faut également penser aux certificats EUR et au dédouanement, démarches indispensables pour finaliser l’exportation. La clarté des documents conditionne la réussite de l’opération.
Les étapes clés pour réussir l’importation de votre voiture norvégienne
Importer une voiture depuis la Norvège, c’est avant tout une affaire d’organisation et de rigueur. Première étape : réunir les justificatifs incontournables. Il s’agit notamment de la facture d’achat, du certificat de conformité (COC) et du certificat d’immatriculation norvégien. Sur place, ces documents font office de passe-droits pour franchir sans encombre la barrière administrative.
Vient ensuite la déclaration en douane. Pour toute importation hors Union Européenne, il faut obtenir le certificat de dédouanement n°846A. Ce document, délivré après règlement de la TVA et des droits éventuels, remplace le quitus fiscal. Sans lui, impossible d’immatriculer le véhicule en France. Dans certains cas, présenter un certificat EUR. 1 permet de réduire, voire d’annuler les droits de douane : un avantage lié à l’appartenance de la Norvège à l’AELE.
Sur le plan administratif, le passage par l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés) est obligatoire pour obtenir d’abord une carte grise provisoire (CPI WW), puis la carte définitive. Il faut fournir un justificatif de domicile, une pièce d’identité, le permis de conduire et un contrôle technique français de moins de six mois pour une voiture d’occasion. Un dossier incomplet entraîne systématiquement des délais.
Dernier détail à ne pas négliger : le DAU (document administratif unique). Cette pièce, qui consigne l’ensemble de la démarche d’importation dans l’UE, constitue la preuve officielle auprès de l’administration française.
Coûts, délais et conseils pratiques pour éviter les mauvaises surprises
Le budget à prévoir pour importer une voiture de Norvège se construit poste par poste : TVA de 20 % à payer en France, droits de douane généralement faibles grâce à l’AELE, mais non systématiquement supprimés. Pour les modèles électriques, l’opération reste avantageuse : aucune TVA à régler en Norvège, mais la taxe française s’applique une fois le véhicule arrivé. Pour les modèles thermiques, il faut additionner TVA, droits de douane potentiels, contrôle technique, carte grise, transport et assurance temporaire.
L’arrivée sur le sol français marque un passage obligé par le service des douanes. La TVA est calculée sur la valeur d’achat augmentée des frais de transport. Les droits de douane peuvent être réduits à zéro si le certificat EUR. 1 figure dans le dossier ; sans ce document, la note grimpe rapidement.
Les délais à anticiper : comptez généralement entre quatre et six semaines pour recevoir la carte grise définitive après dépôt du dossier complet auprès de l’ANTS. La carte grise provisoire CPI WW autorise une circulation immédiate, mais uniquement en France.
Avant de prendre la route, assurez-vous que le contrôle technique est à jour : pour une occasion, il doit dater de moins de six mois. Une assurance temporaire et une assistance dépannage ne sont pas des accessoires pour un trajet de plusieurs milliers de kilomètres. Pour limiter les imprévus, gardez sous la main tous les justificatifs : factures, certificats, déclarations… Un brin de méthode fait souvent la différence.
Au bout du processus, une voiture norvégienne sur une route française n’est plus une rareté, mais le fruit d’une démarche réfléchie, solide, et désormais à la portée de ceux qui n’ont pas peur de sortir des sentiers battus.


